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Le monde «cartoon mais réaliste » de Patrick LaMontagne

10 juin

Le monde «cartoon mais réaliste » de Patrick LaMontagne

Découvrez le parcours créatif de Patrick LaMontagne, un artiste numérique donnant vie aux animaux grâce à son style unique combinant cartoon et réalisme. Poursuivez votre lecture pour découvrir comment son amour de la faune et le bonheur du partage guident chacun de ses coups de pinceau.

Patrick, votre style à base d'animaux expressifs – traités de façon « cartoon mais réaliste » – est inimitable. Comment l'avez-vous développé ?
Croyez-le ou non, mais tout a commencé avec un ours. Le premier grizzli que j'ai peint en 2009 n'était pas censé être fantaisiste – je ne pensais d'ailleurs pas en ces termes à l'époque. Mais il a touché le public. Alors j'en ai peint un autre. Puis un autre encore. Et c'est peu à peu devenu mon mode d'expression favori.
Quant à la phrase « cartoon mais réaliste » pour décrire mon travail, c'est au public de mes expositions que je la dois. La première fois que je l'ai entendue, je l'ai tout de suite trouvée adéquate. Puis quelqu'un d'autre a dit exactement la même chose. À quoi bon résister si c'est ainsi que les gens perçoivent mes œuvres ?

Vivre dans la vallée Bow a-t-il influencé votre travail ?
Absolument. Mon premier grizzli a été inspiré par la faune de cette région. Nous en voyons d'ailleurs passer dans notre propre jardin. Je les adore, mais ils me font aussi un peu peur. Raison pour laquelle je ne dors jamais très bien sous une tente. Mais les Rocheuses canadiennes constituent une source d'inspiration constante. Les animaux, la lumière, les paysages... tout est là.

Qu'avez-vous ressenti en voyant votre travail dans l'application Happy Color ?
Honnêtement ? J'ai d'abord été surpris.En découvrant l'application, je me suis demandé si les gens peignent encore numéro par numéro. Puis je l'ai essayée... et j'ai vite compris. C'est à la fois relaxant et un peu addictif.
Quand la première collection est sortie sur Happy Color, mes abonnés l'ont tout de suite repérée avant que je ne l'annonce. Ils étaient ravis... même si certains se sont inquiétés d'un possible vol de mes œuvres. Ce qui n'était évidemment pas le cas et j'ai adoré partager ce moment avec eux.
Voir mes animaux dans ce format a été un vrai plaisir. J'ai beaucoup aimé la présentation de la collection et j'en ai même colorié une grande partie.

Parlons de votre rapport à la joie. Quel rôle joue-t-elle dans votre processus créatif ?
Je mentirais en disant que c'est toujours facile. Comme de nombreux artistes, je suis mon pire critique. Après des heures passées sur un tableau, je finis par ne plus voir que ses défauts.
Puis arrive le moment où je peux enfin le montrer. Quelqu'un sourit ou m'envoie un message touchant. À cet instant, il ne s'agit plus de perfection, mais de lien. Si mon travail éveille une émotion chez quelqu'un, j'estime avoir accompli ma mission.

À quoi ressemble votre processus créatif, de la toile blanche aux touches finales ?
Je reste simple et je me limite à quelques pinceaux. Je commence par un croquis, puis je pose des aplats de couleur avant de travailler rapidement la lumière et les ombres. À partir de là, je peaufine le tout. L'une de mes astuces favorites est de retourner la toile - et mes repères - horizontalement. Les artistes le font depuis des siècles et cela permet de repérer immédiatement les erreurs. Je ne jure que par ça.

Vous avez été précurseur en matière d'art numérique. Pouvez-vous nous parler de ce parcours ?
Je n'ai jamais été un artiste au sens classique. Je n'ai pas étudié la peinture à l'huile ou l'aquarelle. J'aimais juste gribouiller. Mon aventure numérique a commencé au lycée sur un Macintosh avec lequel j'ai pu dessiner à la souris, pixel par pixel, juste pour le plaisir. Puis est arrivée ma première tablette Wacom, livrée avec Painter Classique. À partir de là, j'étais accro. Le numérique est devenu mon terrain de jeu.

Comment restez-vous authentique dans un monde dominé par l'IA ?
De nos jours, l'IA et les filtres qui envahissent tout m'obligent souvent à expliquer que mon travail n'est pas généré par une IA. Que ce n'est pas l'ordinateur qui le « crée », mais moi. C'est parfois frustrant, mais cela me pousse aussi à montrer davantage mon processus. C'est l'une des raisons pour lesquelles je me concentre de plus en plus sur YouTube.

Comment savez-vous qu'une peinture est finie, que le personnage est vivant ?
Ah, l'éternelle question. Léonard de Vinci disait, « Une œuvre n'est jamais finie, seulement abandonnée. » Je comprends tout à fait ce qu'il voulait dire. Il reste toujours un poil ou une plume à retoucher.
Mais à un moment, la personnalité de la toile se révèle. C'est le moment où tout ajout serait superflu, voire même nuisible au résultat final. C'est là que je sais qu'il est temps de lâcher prise.

Vous pouvez dès maintenant colorier les collections de Patrick LaMontagne, The Charmers' Club et The Charmers' Club 2, directement dans l'app.

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